L’autostop : la route qui mène au woofing en Irlande

La semaine dernière, si vous étiez en Irlande vous le savez : il a fait sacrément beau. Un ciel bleu, pas l’ombre d’un nuage et une température digne de Biarritz en août.

Avec ce genre de temps, à moins d’avoir un gobelin level 80 sur World Of Warcraft à faire level up, on met les pieds dehors. Ça tombait bien, j’avais une semaine de vacances.

woofing en Irlande

L’autostop ça ma amené ici (Cliffs of Moher)

L’autostop en Irlande

N’ayant pas un rond et étant radin, j’ai choisi de faire du stop. La dernière et unique fois où j’avais tenté en Irlande ça avait pris assez facilement. Certes, les plus tatillons noteront que j’avais finis à Mallow, ce qui est assez nul, mais j’aurai pu aller plus loin si je l’avais souhaité.

J’ai repris mon panneau « Somewhere » et je suis allé en direction du sud-ouest. Au départ de Cork, faire du stop vers le sud-ouest ça signifie aller au bout de l’interminable route qui continue Washington street.

Habitant au nord de la ville, après 40 minutes de marche j’en avais déjà ras la casquette. Ça s’annonçait bien pour un type qui comptait faire un peu de « trekking » et dormir dans la nature irlandaise. Même pas sortie de la ville que j’avais déjà la flemme de continuer mon périple.

Finalement, je trouve un emplacement qui me semble correct pour faire du stop. Je m’arrête, me retourne et que vois-je ? Un vieil homme affalé en plein milieu de la route.

Étant un peu civilisé, et ne me voyant pas faire du stop à 10 mètres d’une personne agonisante (ça ralentit les voitures c’est pratique, mais bon…) je suis allé l’aider à se redresser.

D’autres intervenants sont rapidement venues donner un coup de main, et notamment Thomas, un homme bossant juste en face avec son frère sur un chantier.

Thomas me proposa de me déposer à un coin plus porteur pour faire du stop, et m’a expliqué une fois monté dans sa voiture qu’il avait pour habitude d’héberger des woofeurs.

L’autostop, ou l’art du random

Il m’a demandé si j’avais un plan particulier avec ma pancarte « Somewhere ». Du coup non. Enfin si, je pensais aller à Macroom puis à Bantri le lendemain, mais la perspective de me faire héberger dans une ferme bio plutôt que de dormir je ne sais pas où, ça m’allait bien ! En plus j’avais jamais testé le woofing en Irlande.

Thomas m’a expliqué qu’il avait un besoin d’un coup de main pour aller collecter quelques pierres au Cliff of Moher le lendemain et m’a proposé de l’accompagner. Ça tombait plus que bien, j’avais prévu d’y aller le dimanche avec une amie via un tour-opérateur et je n’étais vraiment pas chaud. Par contre, y aller gratos… je n’allais pas refuser. (Oui j’ai lâchement planté mon amie. Rassurez-vous, elle a eu des chocolats.)

Thomas un mec pas commun

Il s’avère que Thomas est un ex-gipsy. Chassez par son père à 13 ans à cause de son comportement trop déviant, il s’est retrouvé à nourrir des animaux dans un cirque et a failli se faire découper en 2 par un tigre. Puis vers ses 15 ans, il a traversé l’Irlande à cheval avec un groupe de vagabonds.

Après s’être installé dans un camp à Cork avec le reste de sa famille, il s’est fait chasser par le gouvernement qui cherchait à ouvrir une route et avait besoin des terres. La famille a négocié un terrain à bon prix (c’est-à-dire toutes leurs économies) ce qui leur a permis de faire une plus-value dessus et d’en acheter un plus grand à quelques kilomètres de là. Bien vu.

Cela fait maintenant 15 ans qu’ils s’y sont installés, et Thomas à tout construit lui-même : sa maison, sa maison d’invité, son studio musical, son sauna (qui ne fonctionne pas) sa serre, ses enclos…

Tout n’est pas fini, voir tout est à moitié terminé, mais ça impressionne tout de même. Le bonhomme a d’ailleurs 15 000 autres projets sur son terrain et était en pleine reconstruction d’une caravane pour aller à un festival de jazz 2 jours plus tard. Je ne vous annonce même pas l’état de la caravane quand je suis arrivé. Demandez-moi de la réparer en 2 jours et vous irez dormir dans une tente pour votre festival.

Gratuit les Cliffs ? oui et non

Le lendemain départ tôt vers les Cliffs of Moher pour aller collecter… 2 tonnes de caillou à la main. On était juste 2, Thomas et moi-même. Ça a bien pris 3 bonnes heures.  J’en ai chié.

Je voulais bronzer et faire du sport du coup j’ai été servi. Évidemment dans de telles circonstances, quand tu rends ce genre de service, on ne t’emmerde pas car tu prends des pauses et tu te mets de la crème solaire toutes les 3 secondes. Heureusement.

Cependant, voir un spectacle comme les Cliffs après avoir trimé comme ça, ça à un goût sucré de récompense. Pas un pet de nuage, des couleurs a vous cassé la rétine, pas de touristes et « pas de frais d’entrée ». Nous n’étions pas du côté du visitor centre. J’avais toujours été choqué à l’idée de payer 8 euros pour voir une falaise. C’est quand même n’importe quoi.

Un petit bain pour se dégourdir

C’est complètement épuisé que l’on est rentré, et je peux dire que je n’ai pas craché sur le resto que je me suis fait offrir sur la route !

Une fois revenu chez Thomas et la remorque déchargée (ça va bien plus vite dans ce sens) nous nous sommes offert un petit bain dans le ruisseau glacé qui court au-dessus de sa propriété. On n’a pas tenu 2 minutes. Mais ça a fait un sacré bien. À savoir que, oui le ruisseau alimente ça maison en eau courante. Ça a un autre goût que l’eau du robinet pleine de fluor que boivent les Irlandais tous les jours (et moi par la même occasion).

La journée s’est finalement achevée par un repas avec les légumes du jardin et un poulet de la « ferme » avant de passer le reste de la soirée avec un de leur ami brésilien qui vit depuis 3 ans chez eux ainsi qu’avec un ami slovaque qu’ils hébergeaient pour quelques jours.

Un moment particulier avant de partir

J’avoue que je risque de m’en souvenir pour longtemps de ce trip en autostop. Surement plus longtemps que celui à Mallow. C’était complètement random comme on peut dire. Je ne m’attendais vraiment pas à me retrouver à faire du woofing en Irlande.

A l’origine je pensais faire du woofing à arrivée en Irlande, puis chercher un boulot. Et finalement, vous savez les choses de la vie font qu’on change de décision.

C’était en tout cas un chouette moment à vivre avant de conclure mon séjour en Irlande qui s’achève à la fin de la semaine. Franchement, l’autostop en Irlande, je conseille (et puis le bus est trop cher de toute façon).

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